Départ immédiat pour Canardville…
Un petit canard a donné naissance à une véritable dynastie, unique chez Disney mais aussi dans la pop culture des XXème et XXIème siècles. Il n’y a peut-être pas là de quoi casser trois pattes à un palmipède mais jamais nous n’aurions imaginé possible de nous identifier à ce point à une bande de canards !
« Qui ? Moi ? Oh non, j’ai bien trop mal au ventre ! », répond avec sa voix inimitable Donald à la poulette venue lui demander un peu d’aide. Il n’a qu’un rôle très secondaire dans le cartoon musical Une Petite Poule Avisée mais en 1934 il crève déjà l’écran avec son look de marin d’eau douce.
Si Donald sert d’abord de faire-valoir à Mickey, il va bientôt prendre son envol au cinéma et, plus encore, dans les journaux et magazines, là où on a moins de problèmes à lire ses dialogues qu’à les entendre… Carl Barks (1901-2000) l’entoure d’une « basse-cour » qui étonnerait plus d’un ornithologue : sa fiancée Daisy, ses neveux Riri, Fifi et Loulou, et Grand-Mère Donald, bien sûr, ainsi que ses cousins Gus et Gontran (deux jars !) ou encore son ami Géo Trouvetou (un poulet) ! Mais la création la plus emblématique de ce génie des comics reste Balthazar Picsou, apparu en décembre 1947 dans Noël sur le Mont Ours. Très vite, le canard le plus riche du monde va embarquer ses neveux et petits-neveux dans de trépidantes aventures autour du monde et affronter canards (les milliardaires Gripsou et Flairsou, la sorcière Miss Tick etc.) et autres comme les Rapetou (dont le nom original, Beagle Boys, suggère une origine canine)… Cette œuvre capitale de la BD a directement inspiré la série télé culte en 100 épisodes, La Bande À Picsou, à partir du 18 septembre 1987.
Pourquoi un tel succès, jamais démenti depuis plus de 80 ans, et qui connaît un coup de jeune depuis la diffusion sur Disney XD en 2018 de la nouvelle série La Bande À Picsou ? Pour Walt DISNEY, il y a d’abord l’aspect graphique : « Avec son grand bec, son œil colérique et son gros derrière flexible, le canard est un personnage idéal pour un animateur. Donald, c’est la plasticité au carré ! ». Il y a ensuite un caractère difficile, autant chez Donald que chez Picsou, ce qui les rend paradoxalement proches de nous : Mickey, c’est le grand frère parfait auquel on aimerait ressembler, Donald, c’est nous et Picsou, celui qu’on sera peut-être sur nos vieux jours ! Ils sont sans filtre et nous décomplexent définitivement de tous ces moments où nous avons perdu patience. Enfin, il y a ce sens de l’émerveillement et de l’aventure dont George Lucas, fan avéré du Picsou de Barks, a pu vanter « l’imagination déployée dans ces histoires. Elles sont tellement pleines d’idées folles, uniques, spéciales, bizarres et exotiques ».
Si, comme le rappelait Walt DISNEY, « tout a commencé par une souris », il aurait bien pu ajouter : « et tout continue aujourd’hui encore grâce à des canards » !
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